Le Corset

 Le Corset
 
Un corset, est un sous-vêtement féminin porté du XVIe siècle au début du XXe siècle comportant des baleines et destiné à modeler le buste suivant des critères esthétiques variables au fil des époques. Il a essentiellement deux effets: d'une part affiner la taille, d'autre part maintenir la poitrine.

Les différentes sortes de corsets

Dés ses débuts à la Renaissance jusqu'à sa quasi-disparition dans les premières décennies du XXe siècle, la structure haute (corps à baleines, corps piqué ou corset) a essentiellement été un vêtement de femme.

A la Renaissance, le corps à baleines, de forme cônique, cherchait surtout à aplatir la poitrine et à diminuer les différences morphologiques homme/femme. Ce n'est que bien plus tard, au XIXe siècle, qu'il a profondément accentué les caractéristiques morphologiques féminines (silhouette en sablier), bien que sa connotation érotique n'ait pas échappée au XVIIIe siècle. Cette ambivalence entre rempart moral et signe extérieur d'austère vertu d'une part, érotisme et singularisation des sexes d'autre part, l'a suivi tout au long de son existence. Les zones considérées comme les plus érotiques ou significatives du corps féminin ont beaucoup changé suivant les époques: si aujourd'hui c'est la poitrine qui est souvent la partie la plus érotisée, au XIXe siècle c'était bien la taille et sa finesse qui étaient le plus regardées. Le corset n'affinait donc pas la taille pour mettre en valeur, par contraste, la poitrine ou les hanches, mais bien pour la taille elle-même, on a même à de nombreuses époques utilisé des rembourrages divers sur les hanches, pour accentuer visuellement la finesse de la taille.

Construction
 
L'art du Tailleur d'habits et de corps. Les corsets, malgré leurs variations importantes de patronage, de coupe, de silhouette au fil des siècles, respectent généralement quatre grands éléments de construction:

-Le coutil

ils sont faits d'au moins une épaisseur de coutil, une toile de coton tissée très dense, spécifique à la corseterie et aux matelas, peuvent s'y ajouter d'autres épaisseurs de coutil supplémentaires, un tissu "décoratif" extérieur ou encore une doublure. Les corsets à une seule épaisseur de coutil en tout et pour tout étaient généralement portés au XIXe siècle durant l'été, car moins chauds, plus souples et "respirant" mieux.

-le busc

Aux XVIe-XVIIIe siècles, celui-ci est une large lame de bois, métal, ivoire ou os, qui maintient une rigidité parfaite sur le devant du corset, il est parfois amovible. Vers 1840 est inventé le busc en deux parties, à crochets, qui permet d'ouvrir le devant du corset et donc de le mettre et enlever beaucoup plus facilement.

-les baleines

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, elles sont faites de vrais fanons de baleines (tout comme les "baleines" de parapluie), parfois d'osier pour les corsets de gens peu fortunés. C'est avec la Révolution industrielle qu'apparaissent les premières baleines en acier, à la fois rigides et flexibles ; au départ faites en fer et enveloppées de papier ou de tissu, elles sont aujourd'hui faites d'acier inoxydable et enrobées de PVC pour éviter tout risque de rouille.

-le laçage avec des œillets

C'est le laçage qui permet, ouvert bien large, de rentrer dans un corset puis, en le resserrant, d'affiner la taille au-dessous de la taille de son tour au repos. Le principe de la corsetterie étant d'affiner la taille par la compression du corps. Les oeillets où passe le lacet étaient brodés à la main jusqu'au début du XIXe siècle où ils ont, là encore, été remplacés par des oeillets métalliques, beaucoup plus solides.

Histoire du corset

Malgré de rarissimes incursions très isolées dans l'Antiquité (Crétoises marquant leur taille par des ceintures de cuir serrées), le corset à proprement parler, baleiné et réduisant la taille, n'existe qu'à partir de la Renaissance et non du Moyen Âge.

Apparu à la cour d'Espagne au XVIe siècle, puis vite répandu dans d'autres cours d'Europe, le corset modèle d’abord le corps de la noblesse, il est supposé signifier la « droiture » et la fermeté d’âme et de mœurs de ceux qui se veulent distincts de la société qu’ils régentent. La mode est vite imitée dans les milieux bourgeois, aux XVIIe et XVIIIe siècles une bonne part de la population en porte, jusqu’aux milieux les plus populaires dans une version plus simple et peu baleinée. Les femmes du peuple qui veulent imiter les grandes dames sont moquées par les caricaturistes, mais socialement acceptées.

XVIe siècle

Silhouette conique, pointe basse à la taille, poitrine aplatie. Pas ou peu de réduction de taille du XVIe au XVIIIe siècle, plutôt une « mise en forme » conique du buste. Venu de l'univers masculin et militaire, le corset est plutôt perçu comme une « armure » physique et morale réservée à la haute société.

XVIIe siècle

Silhouette conique, apparition de petits panneaux décoratifs en bas: les basques découpées.

XVIIIe siècle

Silhouette conique, apparition de la « pièce d’estomac », souvent amovible, richement ornée sur le devant. Du XVIe au XVIIIe siècle, le corset est plus fréquemment appelé corps à baleines.

La partie supérieure du « Grand habit » de cour féminin est un corset très serré et rigide nommé le « grand corps », de forme conique et étroite, qui comprime fortement les côtes flottantes (basses), et dont les bretelles projettent les épaules en arrière, rapprochant les omoplates et donnant un dos très droit et un beau port de tête. C'est probablement la forme de corset la plus contraignantz à avoir jamais été portée.

Corset XVIIIe siècle

Corset en soie, musée de Cluny, XVIIIe siècle.
La toilette d'une élégante.
Corps baleiné 18e siècle.
 
Corset en cuir pour personnes modestes.
 
1795-1805 En France, suite à la Révolution, brève disparition du corset (mode « romaine » puis « taille Empire »).

1810-1830 Retour du corset, de forme foncièrement différente : en "sablier" tout en courbes et non plus conique, réduction de la taille (qui reste assez haute), long sur les hanches, seins non plus écrasés vers le haut mais soutenus et séparés.

Premier retour du corset, façon brassière, vers 1810.

Corset "à la Ninon", vers 1810.

1840-1850 Disparition des bretelles, vraie réduction de taille, construction en « bandes » verticales. Apparition du baleinage métallique (et non plus, ou rarement, en fanons de baleines), et des oeillets métalliques (et non plus brodés main, plus fragiles).

Invention du busc métallique à crochets. Vers 1840
 
1860 Le corset est très court, à la fois bas sur la poitrine (il couvre à peine les mamelons, et le sein se porte bas) et sur les hanches. Le corset 1860 décrit une forme de "vasque" caractéristique de cette époque.

1870 Le corset s’allonge. Parfois des pièces d’élastique, matériau nouveau, sont insérées sur les hanches. On utilise beaucoup de « goussets » (pièces triangulaires) pour la poitrine et/ou les hanches.

1880-1890 Le buste s’allonge encore. C’est l’âge d’or du « busc cuillère », non plus droit mais accompagnant l’arrondi du ventre. La couleur apparaît.

Corset vers 1880, montrant un busc cuillère

Ce sont les corsets de cette période (la seconde moitié du XIXe siècle) qui se sont le plus imprégnés dans l'imaginaire collectif et viennent immédiatement à l'esprit quand on parle de corset - bien que ceux-ci aient pu prendre des formes très différentes à d'autres époques. Ils ont la fameuse forme « en sablier ».

Belle Époque

Changement important de forme: le busc (fermeture à crochets devant) devient très droit, très rigide et plus large, le ventre ne fait plus aucun arrondi, les pièces du corset sont taillées très différemment. Les fesses sont projetées en arrière, très cambrées, les hanches larges. La poitrine est basse. C'est le nouveau corset.

1908 Corset Belle Époque ou « droit devant »

1905 Corset, Paris

1900 Corset-rubans Variante éphémère et légère, destinée à faire du sport (équitation, etc.). Peu restrictive.

1910 La ligne de poitrine n’en est plus une, puisque le haut du corset est tombé au niveau du foie ; le bas s’allonge sensiblement.

1908-1910 Mannequin montrant la nouvelle silhouette aux hanches très étroites.

1920 Le corset continue de « tomber » pour évoluer vers la gaine. La taille n’est presque plus marquée tandis que les hanches et cuisses sont écrasées, pour satisfaire au look « tubulaire » des années 1920.

1930-1970 Le corset à proprement parler n'existe plus, remplacé par des gaines élastiques beiges et roses qui connaîtront des avatars divers suivant les décennies.

1950-60, la femme retrouve brièvement une vraie taille (pin-ups américaines).

Quelques vrais corsets sont encore fabriqués, mais pour le théâtre, l’opéra, les séances photos de stars de cinéma. Au quotidien, le corset n’existe plus. Il laisse des traces en lingerie, où il ne réduit plus la taille, n’est plus baleiné, mais redevient esthétique: guêpière, bustier.

Corsets modernes

Le corset fait un retour depuis la fin du XXe siècle, d’abord timide dans les années 1980, plus marqué depuis la fin des années 1990. Les vrais corsets existent à nouveau, en marques de prêt-à-porter ou faits sur mesure par des corsetiers, et séduisent aussi bien les nouvelles mariées que les gothiques.

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